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Histoire

Historique du dahira Ansaroudine de Linguère

22 août 2026

Comment est né le dahira ? Qui en furent les fondateurs, et comment s'organisait le tout premier Gamou ? En juin 2010, Cheikh Babacar Ba a interrogé séparément quatre témoins — trois membres fondateurs et un ancien président — pour fixer par écrit une mémoire jusque-là transmise de bouche à oreille. Voici leur témoignage.

AVANT-PROPOS

Chers condisciples talibés de Baye Gadji en général et, plus particulièrement, ceux du dahira Ansaroudine de Linguère : après vous avoir renouvelé mes sincères amitiés, je me permets de mettre à votre disposition ce document, qui pensons-nous pourra servir de référence ou de repère pour nous comme pour les générations futures.

Référence, dans la mesure où nous avons essayé de retracer l'historique du dahira. Cependant vous nous ferez grâce de votre indulgence pour la prose, car c'est l'œuvre d'un amateur qui ne peut se targuer d'avoir la plume d'un professionnel en la matière. Par contre, nous nous efforcerons de vous rapporter de façon succincte et fiable les informations que nous avons glanées.

Tout le contenu de cette œuvre repose sur des réponses à un questionnaire soumis à quatre personnes (04), dont trois (03) font partie des membres fondateurs ; le quatrième a participé à l'évolution du dahira et en fut même président pendant de nombreuses années. Nous n'avons pas jugé nécessaire d'élargir la liste, car les réponses étaient toujours les mêmes.

Il faut aussi souligner qu'ils étaient interrogés séparément, et en des lieux différents. La seule fois où nous avons eu deux réponses différentes, c'est à la rubrique « Cotisation » : un seul parmi les quatre interlocuteurs a émis une réponse contraire à celle des trois autres, et nous avons naturellement choisi le camp de la majorité, mettant dans le compte de l'oubli ou de la confusion la non-conformité de sa réponse avec les trois autres.

Nous avons voulu classifier en différentes rubriques les informations recueillies, pour une meilleure compréhension.

I. LA CRÉATION DU DAHIRA

L'idée de créer le dahira pour organiser des « Gamou » a germé au retour d'un Gamou à Kaolack.

Tous sont unanimes : l'idée et la proposition émanent d'Adja Diama NIASS. Que Dieu lui rétribue son acte en bienfaits. Amine.

Réunir les femmes qui ont contribué à la formation du dahira ne souffrait pas de difficultés, puisqu'elles organisaient déjà des rencontres périodiques (« tours »). La proposition a été accueillie avec enthousiasme, et à l'unanimité.

II. LES MEMBRES FONDATEURS

Femmes Adja Diama NIASS (présidente) — Adja Fatou Sow THIAM (trésorière) — Adja Rokhy Sadio GADJI — Adja Fama DIANKHA — Khoudia Thiek MANGANE — Adja Astou THIAM — Coumba Yendé DIANKHA — Fatou DIOUMA — Khady Baba COUNDOUL — Adja Astou DIENG — Ndèye Maty COUNDOUL — Dié DIANKHA — Ndèye Marame COUNDOUL — Adja Daba TALL — Adja Fatou DIANKHA — Adja Niaye MAR — Adja Fatou GUEYE — Fama TALL — Bédy MBOW.

Hommes Baye Maïssa MAR — Baye Birame GUEYE — Baye Baba GUEYE — Baye Baba Mbayang COUNDOUL — Baye Ousseynou COUNDOUL — Baye Mor Mari DIANKHA — Baye Gora DIANKHA — Baye Ibra Gabou DIANKHA — Baye Seth DIANKHA — Alassane Mouna COUNDOUL.

III. LES ROUAGES DU FONCTIONNEMENT

Les cotisations Seules les femmes s'adonnaient aux cotisations au début, pour un montant de deux cents francs (200 F).

La présidence était assurée en premier par Adja Diama NIASS, et Adja Fatou Sow THIAM était la trésorière.

Après quelques années, le dahira a subi une léthargie et ses activités ont été mises en veilleuse. Le bureau fut alors renouvelé, avec Adja Rokhy Sadio à la présidence et El Hadji Ousseynou COUNDOUL comme président. Baye Gadji (rta) en fut informé, et c'est lui le premier qui offrit un sac de mil de cent kilos et cinq mille francs (5 000 F) pour la reprise des activités du dahira, c'est-à-dire du Gamou.

Même après la reprise des activités, la cotisation des hommes resta symbolique.

Les rencontres Les rencontres, ou réunions, se tenaient deux fois avant le jour du Gamou.

Le lieu Chez Adja Diama NIASS, durant tout le temps où elle a assuré la présidence.

La date du premier Gamou D'après El Hadji Amadou NDIAYE, Nguith a démarré son Gamou en 1959, et Linguère l'année d'après, c'est-à-dire en 1960.

Mais il semblerait plutôt que Baye Omar Faty DIALLO (rta), qui assurait le Gamou de Nguith sur recommandation de Baye NIASS (R.A), avait des liens de parenté avec Diama NIASS, et passait la journée chez elle au lendemain de chaque Gamou de Nguith. La journée était ponctuée de zikr et de causerie en islam.

En ce qui nous concerne, nous avons souvenance qu'entre les années 1970 et 1972, alors que nous étions encore à l'école primaire, nous assistions au Gamou comme tous les enfants du quartier, jusqu'à nous dire : « Ce que le vieux marabout pleure. » Nous parlions de Baye Omar Faty DIALLO (R.A) qui, à un moment du Gamou, versait de chaudes larmes ; et nous aussi nous pleurions avec lui, avant d'aller nous coucher.

Ce qui est indéniable, c'est que le dahira a vu le jour avant 1970.

IV. LES MODALITÉS DE L'ORGANISATION DU GAMOU

La demande d'autorisation C'est Adja Diama NIASS, accompagnée d'Adja Fatou Sow THIAM, qui sont allées informer Baye Gadji de la mise sur pied du dahira, et demander par la même occasion l'autorisation d'organiser un Gamou.

Le lieu Le lieu qui a abrité le premier Gamou est devant chez Diama NIASS. Les Gamou qui ont suivi s'y sont également tenus, jusqu'au renouvellement du bureau qui a élu Baye Ousseynou COUNDOUL président et Adja Rokhy Sadio présidente. C'est à ce moment que l'emplacement du Gamou fut déplacé au carrefour, près de M. Saniébé NDIAYE.

La rémunération des chanteurs Il n'y en avait pas. Cependant, les « sarakh » à la table leur revenaient de droit. Par contre, il arrivait toujours un moment où l'on demandait le « adiya » de Baye Gadji (R.A) : cette mission était dévolue à Aly Coumba.

Les mets et le port vestimentaire Déjeuner : riz à la viande et au poulet. Dessert : thiakry, plus du « ndiar ». Dîner : couscous et viande (« sauce ») pour le marabout. Port vestimentaire : unifié.

V. LES SOURCES

Nos sources, pour répondre aux questions qui ont conduit au développement qui vous est proposé, sont : Adja Fama DIANKHA, Adja Fatou Lô THIAM, Adja Khady Baba COUNDOUL et Monsieur Bra SYLLA.

Adja Fama DIANKHA et le président Bra SYLLA nous ont quittés. Que Dieu ait pitié de leurs âmes. Amine.

EN CONCLUSION

Loin de nous la prétention d'avoir répondu à toutes les attentes. Cependant, nous osons espérer avoir répondu à quelques questions légitimes qu'un membre actuel du dahira serait en droit de se poser.

Dans un proche avenir, inchallah, nous souhaitons poursuivre l'historique du dahira sous les tutelles de Baye Ousseynou COUNDOUL, en passant par le président Bra, jusqu'à l'actuel président Barham COUNDOUL, avec comme présidentes Adja Rokhy Sadio et Adja Fatou DIANKHA.

Le recueil de ces informations s'est déroulé du lundi 07 juin 2010 au jeudi 10 juin 2010, soit une durée de quatre (04) jours. Nous étions accompagnés dans ce travail par l'actuel président Barham COUNDOUL.

Nous ne saurions terminer sans souligner que si des personnes plus imprégnées que nous décelaient quelques noms omis dans la rubrique « membres fondateurs », ou d'autres corrections à apporter, nous leur accorderons une oreille attentive ; et après les vérifications d'usage, nous ne manquerons pas d'apporter les correctifs nécessaires.

Nous tenons à l'authenticité de ce document : c'est pourquoi nous n'avons fait que restituer fidèlement les réponses aux questions posées à nos sources.

Rendez-vous est pris prochainement, s'il plaît au Bon Dieu.

Cheikh Babacar Ba

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